Des pixels magnétiques

Le pixel art, ça peut être vraiment sympa à regarder… mais souvent ça reste derrière un écran.

Eh bein je suis tombé sur un truc qui s’appelle PIXIO et qui te permet de faire du pixel art dans le monde physique, celui où tu es en PLS après que ton pied bute contre mur.

Voilà le concept :

Des minuscules cubes de plastique de 8 mm qui pèse à peine plus d’1 gramme, qui ont 6 côtés magnétiques et que tu peux assembler.

Tu peux laisser ton imagination travailler et créer tes propres constructions.

… ou bien te laisser guider par les modèles qu’il y a sur le site et les applications. Les modèles sont listés par thèmes (animaux en noir et blanc, emoji, océan…) et pour chaque modèle on te dit quel cube tu as besoin et de combien tu en as besoin

Sinon c’est un petit peu comme les LEGO : tu peux acheter une boite de 50 à 1600 cubes magnétique ou bien acheter une boie qui contient les cubes nécessaires pour construire un modèle en particulier (un cerf, des petits monstres…). Il y a aussi des boites par thèmes de couleurs « Neon » « Coffee » « Tropic »…

Ça peut être sympa pour se détendre en dehors de l’écran 🙂

(par contre, je sais pas pourquoi les cubes ne sont pas entièrement en métal tant qu’à faire… ça doit être une question de tune)

Du vertige derrière ton écran

Le parkour…

Je me souviens que je regardais ça quand j’étais jeune ados.

Totalement impressionné par ces personnes qui escaladent les balcons, sautent d’un toit à un autre…

Je sais plus pourquoi, mais récemment je me suis souvenu de cette discipline et j’ai recherché des vidéos sur internet.

C’est là que je suis tombé sur une vidéo compilation de scènes toutes les plus incroyables les unes que les autres.

On y voit un groupe de mecs qui parcourent une ville passant de toit en toit comme des ninjas.

Ce groupe, c’est « STORROR »

Une équipe de 7 mecs, qui ont grandi ensemble dans une petite ville d’Angleterre. Inspiré dans leur adolescence par des documentaires sur le parkour, ils ont débuté la discipline, puis ont commencé à uploader des vidéos sur YouTube.

Et je crois que t’es obligé d’être impressionné en voyant ce genre de vidéos.

Déjà par l’exploit d’arriver à sauter entre deux toits qui sont séparés par plusieurs mètres l’un de l’autre.

Et ensuite par le danger. Parce que tu te rends bien compte qu’à la moindre petite erreur, une glissade, un saut un peu trop court, et le mec tombe dans le vide. (et à cette hauteur, il n’y a aucune chance de survivre)

Les vidéos de STORROR se regardent très bien. Ils t’emmènent avec eux dans leurs vlogs, tu les vois s’entraîner, rater, rater et encore rater jusqu’à enfin réussir (la plupart du temps, ils s’entraînent au sol, pas sur des toits.), tu les vois douter, avoir peur… et puis ils sont assez marrants.

Je me suis un peu mis à bing-watcher leurs vidéos et puis je suis tombé sur la bande d’annonce d’un documentaire qu’ils ont sorti en 2017 : Roof Culture Asia

Le spitch du documentaire est de faire du parkour et de belles images dans 3 « megacities » d’Asie : Hong Kong, Tokyo et Séoul.

Après avoir vu la bande d’annonce, je savais qu’il fallait que le regarde !

Des mecs qui escaladent des canalisations pour accéder à des toits, qui se retrouvent à des hauteurs incroyables, qui déjouent la sécurité (oui, parce qu’on n’aime pas trop qu’un groupe de jeunes se balancent dans le vide à 50m de haut… non en fait, on s’en fout de ça… c’est une propriété privée merde), dans un décor parfois franchement cyber-punk… il fallait que je voie ça !

Roof Culture Asia

Le groupe arrive à Hong Kong, dans un hôtel carrément miteux, et doit commencer le repérage, c’est-à-dire trouver des endroits où ils vont pouvoir faire leurs performances et les filmer.

Mais c’est plus dur que prévu : Les portes qui permettent d’accéder aux toits des immeubles sont très souvent équipés d’alarmes qui te rendent à moitié sourd quand tu ouvres la porte.

Heureusement, une partie des alarmes ne sont pas fonctionnelles et ils peuvent commencer à tourner. Mais ce n’est pas fini : Ils doivent quand même mettre des stratagèmes en place, se faufiler par des fenêtres, user de discrétions pour éviter la sécurité des immeubles, hôtels…

Assez rapidement, et sans le faire exprès, ils vont se retrouver au centre de l’attention de Hong Kong, et vont être tracké par la police (note l’effort que je fais pour ne pas te spoiler)

… ce qui ne va pas les aider à se faire discret, et être sereins pour leurs escapades.

Mais bon, le séjour se passe bien et ils arrivent à tourner ce qu’ils veulent.

Les déconvenues passées, ils s’envolent pour Tokyo, ville certes très belle, mais qui va donner du fil à retorde à l’équipe.

Des 3 villes « visitées », c’est celle-ci qui va être la plus difficile… La police est omniprésente… ce qui leur vaudra quelques petits ennuies…

L’atmosphère de Séoul est complètement différente !

… autant au niveau « social » (les gens sont sympa avec eux), qu’au niveau climat (il fait extrêmement chaud, ils transpirent des litres…)

Pendant le documentaire, tu te rends compte qu’il faut presque plus d’effort pour accéder à l’endroit que pour faire les figures :

Il faut monter des tonnes d’escalier… pour au final déclencher une alarme et s’enfuir à toute vitesse.

Escalader des structures métalliques à l’extérieur d’un bâtiment pour esquiver les alarmes

Et une fois que tu arrives en haut, ça n’est pas terminé !

Il faut que le spot soit correct, qu’il y est des possibilités de figures et que ça soit « safe » (au niveau des revêtements, des distances…)

Et ce n’est pas fini : alors que tu es en train de te préparer à sauter, la sécurité ou la police peut débarquer et te mettre la pression pour dégager.

Mais quand ça passe, c’est beau.

Un autre point auquel le documentaire accorde beaucoup d’importance :

Le rapport au danger.

On ne te dit pas seulement « C’est des athlètes professionnels, qui savent ce qu’ils font »

Ils t’expliquent comment ils abordent le danger, et pourquoi ils peuvent se permettre de faire ça.

On t’explique que chaque variable est prise en compte. Que pour un mouvement, toutes les options ont été passées en revue.

Que pour pouvoir faire ce qu’ils font à une telle hauteur, il faut qu’ils s’entraînent énormément au sol (et on voit une partie entraînement sur le doc)

Il y a aussi toute une partie sur la relation à l’incertitude, parce que oui, ils doutent, et ont peur, mais il y a certaines conditions qui font qu’ils se disent « c’est ok, je peux le faire » (alors que le côté rationnel du cerveau te dirait plutôt de ne pas sauter entre deux immeubles de 50m de hauteur, séparés de 5 mètres l’un de l’autre)

D’ailleurs, la partie sur l’incertitude s’applique au parkour, mais aussi à la vie en général.

Bref, je te recommande chaudement ce documentaire !

Je me suis surpris à avoir le vertige derrière mon écran, genre vraiment. (tu te dis « putain, je suis juste derrière mon écran et j’arrive à ressentir du vertige, c’est fort quand même »)

Et on a parfois l’impression de suivre une équipe de cambrioleur d’élite, quand la police et la sécurité sont à leurs trousses, qu’ils les esquivent en se cachant le long d’un mur d’un building, avec une vue plongeante sur une rue surpeuplée, pour au final repartir comme si de rien n’était par l’entrée principale, avec les sirènes qui hurlent en arrière-plan.

Et puis l’équipe a un gros capitale sympathie, donc c’est très agréable à regarder 🙂

De supers magazines

Je trouve que le magazine est un super format :

  • On peut le lire dans l’ordre qu’on veut : contrairement à un livre où tu ne peux pas vraiment sauter des pages ou des chapitres. Le magazine traite de plusieurs sujets, tu peux lire les sujets qui t’intéressent à un moment T, et puis revenir plus tard, quand c’est le moment, aux sujets que tu avais sautés.
  • C’est visuel : Quand un magazine est bien réalisé, avec une belle mise en page et de belles photos, tu peux le feuilleter même sans lire et c’est agréable. Ça peut même être un objet de décoration !
  • Pas de distraction : c’est du papier, pas de notifications ou d’applications pour te distraire. Tu peux prendre le temps de te plonger dans un sujet, et ça fait du bien ! Et puis, ça change des écrans (et pas besoin d’avoir une batterie chargée).
  • Ça peut être intemporel : s’il ne s’agit pas d’actualité ou d’informations qui se périment, tu peux garder les magazines plusieurs années et les re feuilleter de temps en temps, c’est toujours cool.

Bref, le magazine est un format que j’apprécie beaucoup !

J’ai beaucoup entendu qu’internet avait fait du mal à la presse.

C’est sans doute le cas.

Mais pour certains magazines, je trouve qu’internet n’est pas un meilleur format que le papier.

Le papier est toujours le meilleur support à mon sens pour les magazines qui proposent des longs formats, avec des enquêtes en profondeur, de belles images etc…

Lire un lonnng reportage devant son écran d’ordi ou de smartphone ce n’est pas agréable (et pas plus pratique qu’avec du papier)

Et on profite mieux des belles photos, illustrations, sur du papier que sur un écran.

Je viens juste de découvrir les magazines de la société 4 revues et c’est ce que j’aime voir dans la presse papier :

Des formats qui prennent le temps de traiter les sujets en profondeur, avec de belles photos ou illustrations, et une mise en page agréable.

Le tout en indépendance et sans pub !

(dans le même genre j’étais tombé sur Oblik, le magazine de Alternatives Économiques qui explore des sujets de société en infographie)

Voilà les magazines que propose 4 revues :

XXI

La « revue 21 » est consacrée aux grands reportages. Avec un rythme d’une publication de 196 pages tous les 3 mois.

Conçu par des journalistes, écrivains, illustrateurs, photographes et auteurs de bandes dessinées.

J’aime beaucoup les illustrations de couvertures !

Tu peux voir les numéros ici

TOPO

« L’actualité dessinée pour les moins de 20 ans et pour les autres »

Au menu : des chroniques, grands reportages et vulgarisation scientifique sous forme de bandes dessinées.

Un numéro de 144 pages tous les 6 mois.

Tu peux voir tous les numéros ici

La Revue Dessinée

Elle porte bien son nom : c’est une revue qui raconte l’actualité en bandes dessinées

C’est le même concept que TOPO, dont je te parlais plus haut, mais qui s’adresse aux adultes plutôt qu’aux adolescents.

La revue est publiée tous les 3 mois avec 228 pages

Tu peux voir les numéros ici

6Mois

Une revue indépendante et sans publicité qui publie des récits photographiques qui « émeuvent, bouleversent, choquent parfois »

Et comme son nom l’indique, la revue prend son temps : 2 numéros par an, soit un tous les 6 mois (de 308 pages).

Tu peux voir tous les numéros ici

Je trouve ça où ?

À priori, tu ne trouveras pas ces revues en tabac presse, mais en librairie, tu peux également t’abonner directement sur leurs sites.

Bonne lecture 😉

Des animaux en 3D et en papier à accrocher partout

Je suis faible.

Je suis désolé, mais je suis obligé de partager ce genre de choses.

N’y allons pas par chemins :

Si tu veux des animaux (et même des dinosaures) en papier à accrocher partout chez toi, à ton bureau… c’est ici qu’il faut aller. Désolé d’avance si ton habitat ressemble maintenant à un zoo.

Je te laisse voir ça en image :

(bon… à la base j’avais décidé de choisir un nombre LIMITÉ d’animaux à te présenter, mais finalement je suis bien trop faible pour faire un choix drastique, tu as donc mon choix de cœur, c’est encore mieux non ?)

Le renard (je trouve qu’il dégage vraiment dégage une personnalité, non ?)

Si tu veux voir tous les animaux et autres créatures qu’ils proposent, c’est ici.

Il y a aussi plein d’autres choses comme des carnets, des petites maquettes de véhicules en bois, et même du mobilier comme ce kangourou-étagère que j’étais bien obligé de te présenter :

Comment ça marche ?

Les animaux ne sont pas livrés tel quel, il faut que tu les montes toi-même 😉

Pour ça, il faut que tu formes des plis et colles les pièces entrent-elles. Mais t’inquiète y’a une notice 🙂

Une fois monté, tu peux ensuite les poser où les coller au mur.

C’est fabriqué en France !

T’inquiètes, c’est pas du AliExpress !

C’est une boite française, Agent Paper (même le nom est stylé), qui propose ça.

Tout est fabriqué en France, dans une imprimerie située à Rennes.

Les matières premières sont issues en très grande majorité de fournisseurs qui fabriquent en France, par exemple le scotch double-face qu’ils utilisent dans leur décoration en papier est fabriqué à Mainvilliers (Eure-et-Loir) et la colle qui est utilisée pour les décorations en carton ou en bois est fabriquée à Ballan-Miré (Indre-et-Loire).

Bref, ils essayent vraiment de faire marcher le local, pour l’éthique et l’écologie.

Et quand ils ne peuvent pas choisir des fournisseurs français, ils privilégient des fournisseurs Européens. (mais c’est une minorité)

La p’tite histoire d’Agent Paper

Agent Paper est née dans une imprimerie Rennaise, et comme beaucoup d’imprimeries elle se retrouvait avec des montagnes de stocks de papiers inutilisés et de chutes de papier.

Du coup, au lieu de jeter à la poubelle tout ça, l’équipe a décidé de les récupérer pour en faire des objets de décoration pour des vitrines de magasins.

Devant le succès de leurs créations, l’équipe décidée de proposer ces objets de décoration à tout le monde 🙂

Depuis Agent Paper est devenu un e-commerce, et possède plusieurs boutiques.

Ils construisent leur propre internet

Il permet d’avoir accès à l’éducation, à la santé, au travail… On l’utilise tellement qu’on l’oublie, mais tout le monde n’a pas accès à internet !

… et avec la pandémie, le besoin d’être connecté c’est encore plus fait sentir ! (entre le télétravail, les cours à distance, l’accès aux soins…)

Pour résoudre ces problèmes, différentes communautés, à divers endroits du monde, décident d’installer des antennes sur les toits les immeubles et des maisons pour propager internet, et faire de son accès un droit humain fondamental.

Permettre à tous les citoyens d’accéder à internet neutre dans les conditions les plus favorables, à un prix équitable, sans discrimination, que ce soit dans les zones urbaines ou rurales, voilà ce qu’elles font concrètement.

C’est tellement banal pour certains d’entre nous, on s’en sert tellement en permanence qu’on ne rend pas compte de la valeur d’internet. On serait presque tenté de dire que ne plus avoir internet ferait du bien.

Mais derrière internet se cache la possibilité de pouvoir s’informer comme on le veut, de pouvoir communiquer dans de bonnes conditions avec des personnes à l’étranger, pouvoir faire des tas de démarches administratives, ou de la vie quotidienne (trouver un appartement etc…).

Être privé d’internet a vraiment un impact négatif sur la vie des gens qui en sont privés.

Le savais-tu ?

La Federal Communications Commission estime à 19 millions le nombre d’Américain qui n’ont pas accès à un internet fiable aux État-Unis.

Les communautés qui installent des antennes

NYC Mesh

NYC Mesh est une association basée à New York et créer en 2012, elle a déjà installé plus de 1000 antennes dans tout New York !

L’association ne compte que des bénévoles à son bord. Il n’y a personne à pleins temps ou de personne payé. Elle donne accès à internet pour un prix libre, la personne donne ce qu’elle veut, mais le prix suggérer est entre 20 et 60$/mois

Tout le monde peut rejoindre NYC Mesh pour installer des antennes. Même les personnes qui n’ont pas de bagages techniques ! (c’est d’ailleurs le cas de beaucoup de volontaires)

NYC Mesh se rassemble tous les mois, c’est donc l’occasion pour les nouveaux de rentrer dans l’association. Il existe aussi un « Slack » (une messagerie en ligne pour les équipes) où les nouveaux et les personnes intéressées peuvent commencer à discuter pour voir comment elles peuvent être utiles.

L’association fonctionne à la confiance. Les nouveaux arrivants sont accompagnés par les anciens, qui leur apprennent à faire les installations et divers tâches, la confiance grandie, et petit à petit ils ont plus de libertés, pour au final faire eux-mêmes les installations.

Elle a même créé une licence qui permet d’encadrer la gouvernance d’un réseau communautaire, pour les personnes qui voudraient elles-mêmes créer un réseau dans leur ville.

Sarantaporo.gr

Sarantaporo est un village rural en Grèce et ce n’est pas rentable pour les entreprises de télécommunication de raccorder ce village à internet, à cause du fait qu’il est très isolé.

En 2010, un groupe local d’habitant a décidé de construire un réseau internet Mesh et en moins de 3 ans le réseau c’est étendu à 10 autres villages !

Les bénéfices constatés sont multiples !

Les docteurs qui font du domicile peuvent accéder à des services médicaux sur internet pendant leurs visites.

Les plus vieux peuvent rester en contact avec leurs enfants dans les villes ou à l’étranger.

Les éleveurs d’animaux et les agriculteurs améliorent leur quotidien. Par exemple, à la période des naissances, les éleveurs doivent être prêts 24h/24 si quelque chose se passe mal, internet leur permet d’installer des webcams avec lesquelles ils peuvent surveiller à distance leurs bêtes.

Les jeunes viennent et restent plus souvent dans les villages, et parfois ils y travaillent même, parce qu’il y a internet.

Guifi.net

Guifi.net est probablement le plus grand réseau Mesh du monde ! Il contient plus de 37 000 nœuds opérationnels, qui couvrent plus de 70 000 km, 100 000 personnes utilisent chaque jour le réseau !

Le projet a débuté en 2004 avec un groupe d’habitant, dans le petit village de Gurb, dans une zone rurale en périphérie de Barcelone, les opérateurs télécoms n’avaient pas d’intérêt économique à investir dans cette zone.

Aujourd’hui la majorité des nœuds se trouve en Catalogne et dans la région de Valence, en Espagne, mais le réseau s’agrandit vers d’autres parties du monde. Le réseau est financé par des donations.

Comment ça marche concrètement ?

Chaque réseau créé par ces associations a ses propres particularités, mais globalement voilà le fonctionnement.

Des antennes sont installées sur chaque toit et communiquent entre-elles, ce qui forme un réseau.

C’est ce qu’on appelle un « réseau Mesh »

Image : Vox

Ce réseau Mesh peut être connecté à internet, et permet donc à toutes les personnes qui sont connectées, d’accéder à internet.

Mais il peut aussi ne pas être connecté à internet et fonctionner uniquement localement. Les informations peuvent quand même être échangées localement sur le réseau. Tu peux voir ça comme un deuxième internet. Il est même possible de s’envoyer des messages, d’échanger des fichiers, et même de consulter des sites qui sont hébergés localement sur le réseau !

Et si tu te demandes « Est-ce que c’est rapide ? » Oui, plutôt !

Les vitesses peuvent atteindre quelque chose de pratiquement équivalent à la fibre.

Indépendant ? Oui et non !

Les réseaux Mesh connectés à internet ne sont pas totalement indépendants des opérateurs télécoms pour accéder à internet. Il faut bien se brancher à une source, détenu par un télécom, pour transmettre internet via les antennes. Elles ne font « que » propager internet, et c’est déjà beaucoup !

Par contre, quand le réseau fonctionne localement, sans internet, là il fonctionne en totale indépendance et n’a besoin que de lui-même pour marcher.

Pourquoi ?

Pas de motivation économique

Aux États-Unis les prix pour l’accès internet sont plus chers qu’en France. On est à plus de 62$/mois à l’échelle nationale et dans certains endroits comme Atlanta c’est encore plus cher, 100$/mois en moyenne.

Du coup, certaines personnes ne peuvent pas se payer un accès à internet.

Image: Lara Heintz

Les associations ne font rien payer ou alors elles demandent des donations aux personnes chez qui elles installent des antennes. C’est donc beaucoup plus accessible économiquement.

Les entreprises de télécommunication refusent souvent d’installer internet chez les personnes qui habitent dans des endroits reculés, parce que les travaux sont trop couteux, que ce n’est pas rentable…

Grâce au matériel qui est utilisé, des antennes Mesh, le raccordement de ces personnes à internet est beaucoup moins coûteux que la méthode traditionnelle des opérateurs et leur permet donc d’accéder à internet à moindre coût.

Résilient

Quelques mois avant l’Ouragan Sandy ne touche de plein fouet la partie Est des États-Unis et ne la coupe d’électricité et d’internet, le quartier de Red Hook à Brooklyn avait lancé une initiative : Red Hook WiFi.

Image : Inverse

Un réseau Mesh construit à l’initiative d’une association locale pour connecter une population, qui pour plus de 30% n’avait pas accès à internet à son domicile.

Et ce réseau, en partie alimenté grâce à des panneaux solaires, leur a été très utile !

Red Hook est resté connecté après le passage de l’Ouragan grâce à son réseau Mesh et le siège de l’association, Red Hook Initiative, est devenu endroit actif pour la coordination des bénévoles, la collecte des dons et la distribution de nourriture. Les habitants pouvaient aussi venir dans les bureaux de l’association pour recharger leurs appareils et se connecter à Internet.

Grâce à la particularité du réseau Mesh de pouvoir fonctionner sans internet, localement, ça le rend particulièrement utile lors de grosse coupure internet, par exemple lors d’une catastrophe naturelle.

Neutre

Certains fournisseurs d’accès à internet aux États-Unis ne sont pas neutres. C’est-à-dire qu’ils favorisent l’accès à certains sites, et en pénalisent d’autres.

Concrètement : certains fournisseurs d’accès à internet vont permettent d’accéder à pleine vitesse à Netflix, parce qu’ils auront signé un partenariat avec, mais brideront l’accès aux autres sites internet avec qui ils n’ont pas de partenariat.

NYC Mesh est neutre est ne favorise pas l’accès à certains sites plutôt qu’à d’autres. D’ailleurs, ils ne surveillent pas, ni ne collectent les données de leurs utilisateurs non plus.

Communautaire

Le tout donne quelque chose de très communautaire.

Tu rejoins une équipe de volontaire qui est composé d’habitants de la ville, on t’apprend à installer du matériel, tu rencontres de nouvelles personnes.

Ensuite, tu vas installer ce matériel chez des habitants de la ville, chez qui tu vas peut-être retourner de temps à autre pour faire des réglages sur les antennes. Certaines fois, des partenariats sont établies avec des petits commerces locaux pour installer des antennes sur le toit de leurs bâtiments.

Ces initiatives permettent de faire des rencontres, et de connaître les habitants de son quartier. Certaines associations proposent aussi des ateliers pour apprendre aux personnes nouvellement raccordées à utiliser internet. Red Hook WiFi propose une formation rémunérée aux jeunes adultes du quartier pour leur apprendre à maintenir le réseau, à coordonner des projets et des événements…

Image : Inverse

Et puis le fait que l’infrastructure internet soit construite et maintenue par les personnes qui l’utilisent, c’est pas du tout le même sentiment que si c’était une énorme entreprise télécoms qui s’en occupaient. Là, les gens savent que c’est à eux et pour leur bénéfice. C’est une réappropriation d’internet par les habitants. Ça crée une culture de collaboration et de partage.

Anecdote

L’internet de la rue à Cuba

En 2015, très peu de monde avaient accès à internet à Cuba, seulement 5% des 11 millions d’habitants ! Aujourd’hui, Internet est beaucoup plus répandu sur l’île, en 2020 63% des habitants de Cuba pouvaient se connecter à internet. L’accès se fait progressivement et jusque-là beaucoup de Cubains devait acheter une carte, avec leur carte d’identité, qui leur permettait de se connecter à un WiFi public (souvent situé dans les parcs) pendant un temps limité.

Pendant cette période un réseau Mesh, appelé « Street Net » ou « SNET » est devenu un véritable internet alternatif, connectant plus de 20 000 personnes. Il a été construit par des gamers qui voulaient jouer entre potes, sans avoir à déplacer à chaque fois leurs ordinateurs pour les connecter entre eux. Le réseau c’était étendu et était utilisé plus largement que pour le gaming, il y avait par exemple un site consacré au football, un clone de Facebook et de Leboncoin…

Le Facebook Cubain

L’installation du réseau c’est fait via la technologie Mesh, des grands câbles de 100m qui raccordait les maisons ont aussi étaient utilisés. Avec peu de moyen, ils ont réussi à construire un véritable réseau fonctionnel et vivant !

Avec l’arrivée de l’internet par les télécoms locaux, SNET est devenu illégale…

Iznowgood, décrypte la mode éthique avec nuance et profondeur

Déjà à la base s’habiller, c’est compliqué.

Il faut trouver des vêtements qui te plaisent et qui dure, à un prix qui t’est accessible. L’air de rien, arriver à trouver des fringues qui combinent ces trois critères, c’est pas toujours évident… surtout si tu n’habites pas dans une ville et que tu n’achètes pas sur internet !

Et puis aujourd’hui on n’entend de plus en plus parler des conditions de fabrication des vêtements, du coût environnemental de la production de ces vêtements, alors, si on peut, on essaye d’en plus trouver quelque chose d’éthique.

Et la mode éthique, c’est un peu une jungle…

Déjà, il y a 10 000 marques différentes, ce qui est une bonne chose pour le choix, mais forcément, c’est plus dur de s’y retrouver et surtout de savoir lesquelles sont VRAIMENT éthiques et ne sont pas juste des marques un peu timides sur leur engagement, voir des quasi-arnaques qui font tout l’inverse de ce qu’elles mettent en avant. Pas évident de s’y retrouver !

Je suis tombé sur cette fille qui fait des vidéos de décryptage vraiment très sympa et très bien documenté ! : Iznowgood

Céline qui est derrière cette chaîne (elle a aussi un blog), ne parle pas que de mode éthique, elle parle aussi d’autres sujets relatifs à l’écologie ou d’autres choses divers et variés, mais je n’ai regardé que ses vidéos de décryptage, donc c’est de ça que je vais parler ici.

Morale

On entend parfois des discours qui ont tendance à accuser les gens sur leur consommation, à être moralisateur, Céline n’est pas dans cette dynamique-là.

Par exemple, quand elle parle de SHEIN, elle fait bien la nuance entre les personnes qui s’achète mille balles de SHEIN, et les personnes qui achètent là-bas parce qu’elles n’ont pas beaucoup de moyens, ou parce que SHEIN a un beaucoup choix pour les grandes tailles.

Ce qui m’amène à l’autre point :

Nuance

Pour bien saisir une situation dans toute sa complexité, on a souvent besoin de nuance. Autrement dit, souvent tout n’est pas tout noir ou tout blanc.

Céline apporte beaucoup de nuances dans ses analyses et jugements, ce qui ne l’empêche pas d’être critique sur les points où il faut l’être.

Dans une vidéo, elle raconte une anecdote d’une petite marque qui produit dans une usine (en Inde je crois) où les travailleurs n’ont pas de couverture sociale (santé…). Quelque chose de vraiment pas top à première vue. Mais elle raconte que le créateur de cette marque à discuter avec le patron de cette usine, et que ce patron aimerait bien assurer une couverture sociale à ces travailleurs, c’est juste qu’il n’a pas les moyens… et pour avoir les moyens, il faut des commandes.

Certaines fois, de petites marques, peuvent aider de petit atelier, à avoir des moyens suffisants pour permettre d’avoir de bonnes conditions pour les employés. Produire avec des usines qui n’ont pas de très bonnes conditions pour leurs employés et parfois nécessaire, temporairement, pour leur donner la possibilité de produire dans de bonnes conditions plus tard. C’est une nuance, on est d’accord ou pas, mais c’est au moins intéressant de connaître l’existence de cette nuance.

Documenté

Et pour arriver à faire ressortir les points importants et à les décrypter, il faut être documenté. Pas de soucis là-dessus, Céline est très bien documenté !

Elle connaît les processus de fabrication des vêtements, et plus largement le fonctionnement d’une entreprise (elle était auditrice financière… avant de quitter ce job) et de la mode. Donc, elle ne se fait pas avoir par le maquillage à base de greenwashing de certaines marques.

Direct

Ce qui est vraiment très cool, c’est que Céline fait le décryptage en direct.

Elle prend son téléphone, va sur le site de la marque et cherche certaines informations, rebondi sur certains points (par exemple quand une marque pousse clairement à la surconsommation sur son site).

Donc, tu vois vraiment pourquoi elle parle des différents points qu’elle aborde, tu vois ces sources etc…

Et en plus, ça rend le format très fluide et agréable à regarder !

Profondeur

Ce n’est pas un décryptage fait en 2 minutes et 47 secondes. Globalement, les vidéos durent 30 minutes. Céline prend bien le temps d’aborder tous les points nécessaires, donc on peut rentrer en profondeur dans le sujet.

C’est un format au calme, pas de cut tous les 3 secondes, pas de musique en fond pour rythmer le truc. Juste Céline face caméra qui te parle pendant 30 minutes.

Avant de cliquer, on pourrait penser que c’est démoralisant comme contenu, mais en fait, c’est plus intéressant qu’autres choses, et on apprend plein de trucs au passage (en tout cas pour moi).

Pour voir tout les décryptages de marques qu’a fait Céline, c’est ici

Ah oui, et Céline a créer un « générateur de marque éthique« , qui te permet de découvrir des marques de fringues éthiques et de les trier en fonction de tes critères (ton style vestimentaire, ton budget, le lieu de fabrication…)

Quelques recommandations de vidéos :